STOP INFOX covid-19 / L’Union Fr

Durant la période de confinement, l’Union Francophone a lancé un défi #Stop Infox Covid-19 proposant aux publicitaires de réaliser depuis chez eux une campagne afin de sensibiliser le public à la détection des fausses informations. Nous avons répondu à cet appel. 

L’image, puissant allié de l’infox

Dans l’inconscient collectif, une photographie prouve la vérité d’un fait et la connaissance des facilités de trucage numérique n’y change pas grand chose. Force est de constater que nos yeux croient ce qu’ils voient : un message appuyé par une image a plus de poids.

Les personnes à l’origine de fausses informations l’ont bien compris et diffusent leurs « infox » à grand renfort d’images faisant appel à nos émotions.

Les photographies de cette campagne, shootées dans notre salon sur fond de nappes, rideaux, tapis de yoga et serviettes éponges sont totalement construites et artificielles. A l’image de pantins de publicités surannées, les personnages exécutent les recommandations absurdes qui leurs sont faites…. à leurs risques et périls.

Chaque image évoque une sensation physique, désagréable, douloureuse voire susceptible de mettre notre vie en danger. De la même façon que l’infodémie qui sévit a des conséquences sur l’épidémie de covid-19 qui elle-même impacte notre santé.

Tourist Fever

Quentin et moi venions d’arriver au Brésil pour une expo à Belém quand le confinement a démarré en France. Sur le continent Sud-Américain, la peur du virus arrivait lentement (mais sûrement). À peine atterris, nous apprenions l’annulation du vernissage …  Une seule chose à faire : attendre sagement le vol retour quelques jours plus tard et « profiter » de ces vacances impromptues qui s’offraient à nous. Mais dès notre première sortie, nous réalisions que le Touriste, jusqu’alors si courtisé était devenu en un rien de temps une figure inquiétante, symbole de la propagation insouciante du virus. Drôle de renversement.

La représentation stéréotypée du touriste, étroitement associé à l’impérialisme occidental, prolongement frivole du colon, nourrit nos créations depuis quelque temps. Nous vivons dans un endroit où la majorité des personnes sont métisses, nos pâles gambettes et nos visages rougeauds sont souvent assimilés à ceux d’invétérés petits Blancs fraîchement débarqués. « Vous êtes en vacances ? »

Se pencher sur la figure du touriste c’est aussi questionner notre façon de voyager. Difficile d’y renoncer mais est-ce normal de pouvoir aller à l’autre bout du monde pour une poignée d’euros et des tonnes de CO2 pour une semaine de farniente sur une plage en buvant des cocktails ? Au-delà de l’impact écologique évident, n’y a-t-il pas quelque chose de malsain à partir se relaxer dans une bulle paradisiaque, coupé de toute réalité sociale, pour jouir d’un luxe soudain à la portée de sa bourse parce que la destination de vacances est un pays bien plus pauvre ?  Le plaisir est assurément un motif valable mais pas à n’importe quel prix, pas sur le dos d’une population dépendante du tourisme de masse ni sur celui des générations futures. Est-ce qu’une soirée de vernissage ou de projection sont une meilleure raison …

Je ne suis pas pour autant prête à m’engager à ne plus prendre l’avion. Envisageable quand on habite Paris, à quelques heures de train de beaucoup de pays Européens. Le choix est bien plus radical lorsque l’on vit en Guyane, département français d’Amérique du Sud, dépendant de la France à tous points de vue.

 

AFAS

Campagne visuelle pour la Journée contre l’Illettrisme en Guyane 2019

photo & graphisme